Confirmation

La présence d’eau sous forme de glace dans les cratères lunaires avait été envisagée dès les années 60. En 2008, l’impacteur Moon Impact Probe avait d’ailleurs détecté la présence d’eau dans l’atmosphère lunaire et tout portait à croire que la molécule se trouvait également à la surface.

En analysant, pendant 10 ans, les motifs d’absorption infrarouge de la sonde Chandrayaan-1, les scientifiques ont confirmé la présence d’eau dans les zones d’ombre permanente des cratères situés aux pôles du satellite. On estime que plus de 600 millions de tonnes d’eau seraient présentes dans ces cratères.

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Pôles sud (à gauche) et nord (à droite). Les niveaux de gris indiquent la température en surface : noir pour le froid, blanc pour le chaud. En bleu : les zones où de la glace a été détectée.

Il s’agit de la première observation aussi directe d’eau sur la Lune et les conséquences de cette découverte sont très positives pour l’exploration spatiale.

Origine

La Lune a été bombardée de comètes tout au long de son existence ce qui a piégé des molécules d’eau à la surface sous forme d’hydrate et d’hydroxyde au sein des minéraux. De nombreux cratères sont restés dans l’ombre pendant des millions d’années protégeant la glace des rayonnements solaires et de la chaleur. On estime que la température n’y dépasse pas les -150°C.

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La sonde Chandrayaan-1

Exploitation

Dans l’éventualité d’une construction de base lunaire, cette eau peut avoir une grande utilité. Explorer le système solaire devient plus simple si les vaisseaux sont envoyés depuis la Lune car l’énergie à dépenser pour lutter contre la gravité du satellite naturel est bien moindre que dans le cas d’un décollage depuis la Terre. Les fusées pourraient être construites sur place en utilisant les métaux déjà présents sur le sol lunaire.

Reste la question du carburant. Les oxydes métalliques peuvent être réduits pour produire du dioxygène et alimenter les fusées. Un élément chimique réducteur est alors nécessaire et l’eau fournit un excellent candidat.

Cette découverte ouvre donc la possibilité d’une installation conséquente sur la Lune et pose la question de savoir si de la vie a pu s’établir sur notre satellite.

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