L’anesthésie (2000 av. J.C.)

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Nombre d’avancées de la médecine moderne, de l’intervention à cœur ouvert jusqu’aux prothèses articulaires, auraient été inenvisageables dans un monde incapable de maîtriser la douleur. Les praticiens égyptiens et assyriens comprimaient en même temps leurs deux artères carotides, privant le cerveau de son afflux sanguin normal et déclenchant une perte de conscience. Les Égyptiens offraient, en outre, un peu d’opium au patient, tandis que les Assyriens s’en tenaient à un mélange de belladone, de chanvre indien et de mandragore.

L’aqueduc (2000 av. J.C.)

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Conduites artificielles destinées à acheminer l’eau, les premiers aqueducs furent mis au point par les Minoens de Crète pour qui l’eau était un bien relativement rare. Les plus célèbres sont ceux des Romains qui construisirent onze grands aqueducs entre 312 av J.C. et 226 ap. J.C. pour alimenter Rome en eau.

Le cadran solaire (1500 av. J.C.)

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Le soleil se déplace dans le ciel à raison de 15 degrés par heure et l’ombre qu’il projette avance à un rythme similaire. Très tôt dans les zones ensoleillées, l’ombre a donc servi d’horloge. Le plus ancien de ces dispositifs est l’obélisque et sa version portable, le cadran solaire, fut utilisée abondamment par les Égyptiens. Une barre verticale projetait son ombre sur des repères qui indiquaient les différentes heures de la journée. L’appareil était tourné vers l’ouest le matin et vers l’est l’après-midi si bien qu’une connaissance parfaite des points cardinaux était nécessaire à son utilisation.

La clepsydre (1500 av. J.C.)

clepsydre

L’horloge à eau , clepsydra en grec, est un garde-temps reposant sur un flux d’eau régulier. Le débit est fonction de la pression que le liquide exerce, donc de son niveau : plus celui-ci est élevé, plus le débit est important. Lorsque le récipient est plein, le niveau baisse donc beaucoup plus rapidement que lorsque le récipient est presque vide. Les Égyptiens comprirent qu’avec un vase de profil parabolique, l’eau baisserait à une vitesse constante ce qui permettrait d’obtenir la base d’une horloge pratique.

L’acier (1500 av. J.C.)

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C’est dans des fours à charbon de bois que les peuples d’Afrique subsaharienne de l’Est produisirent de l’acier. Il s’agit d’un alliage de fer et d’une faible proportion de carbone (entre 0,2 et 2,4%) qui agit comme durcissant en empêchant les cristaux de fer de glisser les uns sur les autres. Plus le pourcentage de carbone est élevé, plus l’acier est dur mais également plus cassant.

Le boulier (1000 av. J.C.)

boulier

Composé d’un cadre rectangulaire de bois et de boules coulissant sur des tiges de métal, le boulier est une calculatrice primitive mise au point en Mésopotamie. Cette aide au calcul vit le jour bien avant que le système de notation numérique indo-arabe ne s’impose. D’ailleurs le boulier est compatible avec toutes les bases de numérisation. Il permet, contrairement au calcul sur les doigts, de manipuler sans risque des nombres importants.

La poulie (750 av. J.C.)

poulie

La poulie est une machine élémentaire : une roue comportant à sa circonférence une rainure destinée à recevoir une corde. Fixée, elle permet de modifier la direction d’une force : il est en effet plus facile de tirer sur une corde que de traîner ou de pousser un fardeau. En ajoutant à la corde une poulie supplémentaire, l’appareil divise par deux l’effort nécessaire. Le système de poulies ainsi formé est appelé palan.

L’arbalète (550 av. J.C.)

arbalète

Née en Chine, l’arbalète dérive sans doute du grand arc horizontal, un piège utilisé pour chasser le gros gibier. Certaines portaient un étrier dans lequel l’arbalétrier passait le pied lorsqu’il bandait l’arme, d’autres furent équipées de tourniquet offrant une grande force nécessaire pour courber l’arc. L’avantage de cette arme est qu’on pouvait la confier à un combattant sans entraînement si bien qu’elle fut régulièrement considérée comme une arme inhumaine ne requérant ni habileté, ni honneur.

La grue (550 av. J.C.)

grue

La grue est un système de poulies et de cordes assujetti à un bâti qui permet de déplacer une charge bien au-delà des aptitudes des seuls muscles humains. Les premières ont été datées au milieu du VIe siècle avant notre ère mais il existe de nombreuses constructions bien plus anciennes dont on voit mal comment elles auraient pu être érigées sans l’aide d’un appareil semblable à la grue. La Rome antique fit également un grand usage de la grue et la perfectionna en l’équipant d’une cage à écureuil dans laquelle les ouvriers fournissent la force motrice en marchant sur un tambour entraînant le treuil.

La catapulte (400 av. J.C.)

catapulte

Inventée dans la cité de Syracuse, la catapulte est constituée d’un bras avec, d’un côté, le panier recevant le projectile et de l’autre, le contrepoids. Alexandre le Grand les utilisa aussi bien pour pilonner les champs de bataille que pour mener les sièges. Trop difficiles à transporter, les catapultes de siège étaient en général assemblées sur place. Parfois, on les utilisait pour envoyer par-delà les remparts des ruches pleines ou des charognes d’animaux pour déclencher des maladies chez les assiégés.

La boussole (400 av. J.C.)

boussole

Les Chinois découvrirent les capacités d’orientation de la magnétite dès le IVe siècle av. J.C. mais les premières boussoles n’eurent qu’une application ludique. Elles consistaient en un fragment de magnétite flottant sur un bâton, à la surface d’une coupe d’eau. Le bâton pointant toujours dans la même direction, le dispositif fut utilisé plusieurs siècles plus tard pour aider les marins à se repérer loin des côtes.

Le moulin à vent (200 av. J.C.)

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Utilisés en Chine pour le pompage de l’eau et en Perse pour la mouture des céréales, les premiers moulins à vent étaient montés sur un axe vertical. Les moulins à axe horizontal ne virent le jour en Europe que plus d’un millénaire plus tard.

Le parchemin (150 av. J.C.)

parchemin

Le parchemin était fabriqué à partir d’une peau de mouton, de chèvre ou de veau soigneusement nettoyée et polie. Il était possible d’en coudre plusieurs feuilles et d’obtenir ainsi des livres bien plus faciles à manipuler que des rouleaux de papyrus. À en croire Pline l’Ancien, il fut inventé à Pergame en Turquie. La bibliothèque de la ville risquait de faire de l’ombre à celle d’Alexandrie ce qui poussa un roi d’Égypte à couper son approvisionnement en papyrus entrainant l’utilisation d’un nouveau support.

Le verre soufflé (100 av. J.C.)

verre chaud

Les premiers à maîtriser l’art du soufflage furent les Syriens. Si le verre était connu depuis longtemps, il fallut attendre le Ier siècle av. J.C. pour que son façonnage donne des résultats probants. Une boule de verre fondu est aboutée à un tube dans lequel une bulle d’air est insufflée. La boule de verre est ensuite modelée à l’aide d’outils divers puis laissée refroidir jusqu’à son durcissement complet.

Le roulement à billes (40 av. J.C.)

billes de bois

Le roulement à billes permet de faire tourner les unes contre les autres diverses parties d’un mécanisme sans gaspiller d’énergie par la friction. Les archéologues découvrirent dans les vaisseaux de l’empereur Caligula deux types de roulements, certains employant des billes de bois et d’autres des billes de bronze.

Le papier (105 ap. J.C.)

papier chinois

Lorsque Ts’ai Lun, ministre de l’Empereur de Chine, codifia la fabrication du papier, il ne soupçonnait guère les conséquences de son initiative. Il améliora le procédé qui consistait à mêler des fibres d’arbres et des tiges de blé à l’écorce du mûrier, à battre le tout et à mêler d’eau la pulpe obtenue pour la laisser s’égoutter sur une étoffe tendue : il en résultait une feuille légère, bien préférable aux lamelles de bois ou de bambou comme support de l’écriture, ainsi qu’à la soie, trop chère.

Cet article est inspiré de l’ouvrage Les 1001 inventions qui ont changé le monde réalisé sous la direction de Jack Challoner.

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